• English
  • Français

facebook.com  twitter.com

S'abonner à Syndiquer

Vous êtes ici

La politique des drogues

Ces 50 dernières années, la majorité des Etats se sont conformés aux Conventions sur les drogues des Nations Unies, conventions qui ont d’ailleurs été la base des lois anti-drogues de la majorité des Etats de par le monde.

Il y a, à ce jour, 3 différentes conventions des Nations Unies sur le contrôle des drogues :

1961 : La Convention Unique des Nations Unies sur les Stupéfiants
1971 : La Convention des Nations Unies sur les Substances Psychotropes
1988 : La Convention des Nations Unies contre le Trafic Illicite des Stupéfiants et de Substances Psychoactives

Ces conventions ont été ratifiées, suivant la logique que les Etats luttant contre le traffic de drogues ne pourraient y parvenir de manière isolée, d’où la nécessité d’un cadre légal global visant à mettre sur pied un système de contrôle international. Comme stipulé dans la Convention Unique de 1961, l’objectif ultime de ce cadre est d’améliorer la «santé physique et morale de l’humanité». Pour ce faire, ces conventions se basent sur l’idéologie qu’un système répressif est la direction globale à adopter afin de mieux éradiquer le trafic de drogues à échelle globale.

Cependant, des voix se sont élevées ces dernières années, tant au niveau de Gouvernements, de certains représentants de la Société Civile, de représentants du secteur privé, ou encore de personnages publiques, pour dénoncer cette approche répressive qui aurait échoué dans sa mission de réduire le trafic de drogues au niveau international. Ce courant de pensée est aujourd’hui soutenue par Kofi Annan, ancien secrétaire Général des Nations Unies et Prix Nobel de la Paix, Richard Branson, entrepreneur britannique et fondateur du groupe Virgin, et de nombreux anciens dirigeants d’Etats : Bill Clinton et Jimmy Carter (USA), Ruth Dreifuss (Suisse), et plusieurs anciens dirigeants d’Amérique latine. Ces différentes personnalités s’accorde à dire que la question des drogues devrait être traitée avec une approche médicale, et non pas criminelle. Ils appellent entre autres, à ce que les utilisateurs ne soient pas arrêtés et emprisonnés pour possession de drogues, et que des services de santé publique soient mis à leur disposition. Certains appellent aussi à trouver un modèle de régulation pour gérer la question des drogues au lieu de la laisser aux mains de la mafia.

Selon les récentes publications scientifiques, l’approche répressive de la guerre anti-drogue cause aujourd’hui plus de tort que de bien. Ainsi, selon le rapport de la Commission Mondiale pour la Politique des Drogues de 2011 « les dépenses considérables engagées pour la criminalisation et la mise en place de mesures répressives visant les producteurs, les trafiquants et les consommateurs de drogues illicites ne sont visiblement pas parvenues à freiner efficacement ni l’approvisionnement ni la consommation. Les victoires apparentes sur l’élimination d’une source ou d’une organisation de trafiquants sont presque instantanément rendues caduques par l’apparition d’autres sources et d’autres trafiquants. Les efforts de répression ciblant les consommateurs vont à l’encontre des mesures de santé publique visant à prévenir la transmission du VIH/sida, les décès par surdose et les autres dommages liés à l’usage de drogues. Les dépenses publiques engagées dans de vaines stratégies de réduction de l’approvisionnement et celles relatives aux coûts d’incarcération sont supérieures aux investissements qui visent à diminuer la demande et à réduire les risques ».

Cette commission a aussi publié un rapport en 2012 pour montrer comment la criminalisation de l’usage de drogue a aggravé la pandémie du VIH, et un autre rapport en 2013, pour démontrer l’impact négatif de la guerre anti-drogue sur l’épidémie de l’Hépatite C.

La Déclaration de Vienne a aussi été lancée à la Conférence Internationale sur le VIH/Sida de 2010, demandant à ce que les politiques des drogues soient basées sur les données scientifiques et non pas idéologiques, car le système répressif a mené à des conséquences sanitaires et sociales désastreuses au niveau global.

La nouvelle approche revendiquée met en avant le fait que la lutte anti drogue actuelle coute énormément aux Etats, sans apporter de résultats probants, car depuis l’existence des traités internationaux, la consommation de drogues n’a cessé d’augmenter, les prix n’ont cessé de baisser, la variété de produits n’a cessé d’augmenter, surtout avec l’apparition des drogues de synthèse, et les conséquences économiques, sanitaires et sociales sont énormes pour les personnes qui utilisent des drogues, leur famille, leur communauté, et pour les Etats. Une publication de l’organisation Count the Cost fait mention de différents types de couts engendrés par la guerre anti-drogue : l’économie, la sécurité, l’environnement, la criminalité, la santé publique, les droits humains, et la stigmatisation et la discrimination.

L’argument majeur contre cette approche est que la décriminalisation ou la légalisation des drogues encouragera la consommation de drogues. Cependant, une publication de l’organisation Release a fait une synthèse des études sur la consommation de drogues dans une vingtaine d’Etats ou certaines drogues sont décriminalisées ou légalisées, et est arrivé à la conclusion que les législations sur les drogues n’ont pas affecté leur consommation. Cette conclusion a aussi été corroborée par une étude de l’Unicef qui, après avoir observé l’utilisation du cannabis chez les jeunes à travers le monde,  est arrivée à la conclusion que l’utilisation de drogues n’était pas influencée par les lois sur les drogues.

Quel modèle de régulation ? Pour en savoir plus, cliquez ici

Il y a eu plusieurs documentaires à ce sujet ces dernières années:

Breaking the Taboo Breaking the Taboo
The House I live in The House I live in
The Union (The business behind getting high) The Union (The business behind getting high)
Français
Type: