• English
  • Français

facebook.com  twitter.com

S'abonner à Syndiquer

Vous êtes ici

Définition

Réduction des Risques (RdR)

Définition

La  Réduction des risques concerne les lois, les programmes et les pratiques qui visent principalement à réduire les conséquences néfastes tant au niveau de la santé qu’au niveau socio-économique, sans nécessairement diminuer la consommation de drogues. La réduction des risques bénéficie aux personnes qui consomment des drogues, à leurs familles ainsi qu’à la communauté.

La Réduction des Risques est complémentaire à la prévention de l’usage et des traitements.

Si les traitements ont pour objectif un changement d’ordre sanitaire et/ou psychosocial, et si la prévention a pour objectif de diminuer l’incidence de l’usage de drogues dans la population, la RdR a pour objet de réduire les risques et de prévenir les dommages que l’usage de drogues peut occasionner chez les personnes qui ne peuvent ou ne veulent s’abstenir de consommer ces drogues.

Cette approche est basée sur l’acceptation du fait que plusieurs personnes à travers le monde consomment des drogues psychoactives malgré tous les efforts déployés afin d’en prévenir l’initiation ou l’usage continue. L’approche de la réduction des risques accepte le fait que plusieurs personnes qui consomment des drogues sont incapables ou n’ont, à aucun moment, la volonté de cesser leur consommation. L’accès aux traitements est d’autant plus important que plusieurs personnes aux prises avec des problèmes de consommation ne peuvent ou refusent de se faire traiter.

La prévention, le traitement et la Réduction des Risques concourent ensemble à la promotion de la santé et des droits humains de la population générale et des usagers de drogues en particulier.

Cela est applicable à toutes les drogues psychoactives incluant également les médicaments prescrits, les drogues contrôlées, l’alcool et le tabac. Les méthodes d’intervention en réduction des risques peuvent varier d’une substance à l’autre.

 

Historique :

C’est l’épidémie du sida dans les années 80 qui a permis pour la première fois de poser au niveau politique la problématique de la santé des usagers de drogues. Auparavant, l’accès était réservé aux personnes qui étaient prêtes à arrêter de consommer.

Néanmoins, de nombreuses personnes ne voulaient ou ne pouvaient pas arrêter et se retrouvaient exclues des structures de soins classiques avec, pour résultat, une aggravation des risques encourus.

Le sida et les hépatites ont commencés à toucher sérieusement les consommateurs de drogues injectables. Il devenait urgent de mettre en place une politique de santé publique ciblant les besoins immédiats et les risques encourus par les consommateurs et leur entourage.

La Réduction des Risques (RdR) était née.

Très vite, on comprenait que la RdR ne devait pas se limiter aux risques encourus par les injecteurs mais à l’ensemble des risques liés à la consommation (overdose, accidents de la route, relations sexuelles non protégées, dépendances, marginalisations, etc.) et ce quels que soient les modes et les types de consommation.

 

Généralités :

Une société sans drogues, ça n’existe pas.

Les gens voudront toujours essayer, expérimenter voir abuser des drogues. La Réduction des Risques s’adapte à cette réalité.

La Réduction des Risques (RdR) est une démarche de promotion de la santé individuelle basée sur la responsabilisation de la personne, elle vise à informer et à donner les moyens nécessaires pour réduire les risques associés à la consommation de drogues.

Il s’agit d’une démarche de santé publique car elle vise à éviter la propagation de maladies (VIH/sida, VHC) ou de problème de santé (overdose, bad trip, isolement social).

La RdR est une stratégie de proximité qui va au contact des usagers de drogues sans jugement sur les lieux de consommation : rue, prison, milieu festif.

C’est également une démarche participative qui considère l’usager de drogues comme un partenaire, acteur de sa santé et de celle des autres. Formé à la Réduction des Risques, il devient agent de prévention pour ses pairs.

 

Dignité, respect et compassion :

Les intervenants qui utilisent l’approche de la réduction des risques acceptent les personnes telles qu’elles sont et évitent de porter des jugements. Les personnes qui consomment des drogues ont/sont elles aussi un père et une mère, des frères et des soeurs. Cette compassion s’étend jusqu’aux familles et aux communautés des personnes qui consomment des drogues. Les intervenants qui utilisent l’approche de la réduction des risques s’opposent à la stigmatisation des personnes qui consomment des drogues.

Des termes tels que « drogué », «royos», « toxicomanes » perpétuent les stéréotypes, marginalisent et créent des barrières qui empêchent d’aider les personnes qui consomment des drogues. Le langage et les termes employés devraient toujours être empreints de respect et de tolérance.

 

Droits humains :

Les droits humains s’appliquent à toutes les personnes. Les personnes qui consomment des drogues ont le droit au travail, le droit de bénéficier des plus hauts standards en matière de progrès scientifiques, en services de santé et services sociaux, le droit de ne pas être détenu de manière arbitraire, ni de subir des traitements inhumains ou dégradants.

La réduction des risques s’oppose aux châtiments délibérément infligés aux personnes qui consomment des drogues, faits au nom de la prévention et du contrôle du trafic des drogues et face à la consommation de drogues, propose des réponses qui respectent les droits humains fondamentaux.

Français